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Voilà la Charte canadienne des droits et libertés utilisée à des fins sectaires. L'État de droit se doit pourtant de protéger toute personne, et en particulier les plus faibles, contre les abus. Il est déjà si difficile de sortir d'un système religieux abusif, comment les femmes musulmanes victimes d'abus pourront-elles s'en sortir ? Autoriser un tel tribunal civil parallèle, c'est isoler encore plus ceux et celles qui voudraient s'affranchir. On imaginerait le retour d'un tribunal d'Inquisition qui aurait droit de cité, avec un pouvoir catholique travaillant en parallèle et en concurrence de celui de l'État de droit (Lequel fait parfois défaut, il est vrai). Mais 600 ans de décalage, ce n'est pas rien! On trouverait un tribunal de Témoins de Jéhovah pour ses membres forcés ou volontaires. Idem pour des églises qui auraient dévié vers un fonctionnement abusif. Idem pour nombre de sectes et groupements. Il faut dire que l'idée n'est pas nouvelle. L'Empire romain avait autorisé en Judée des tribunaux Juifs pour que les fidèles puissent juger et être jugés selon leurs règles. C'est en vertu de leurs lois, de leur application bien particulière et avec la complicité d'une coutume romaine, que le meurtrier Barabbas fut libéré par le pouvoir de Rome, alors que Jésus le Juste fut crucifié. Que les gens soient majoritairement en danger ou non dans un contexte religieux donné, qu'il s'agisse de leur intégrité physique ou mentale (ce n'est pas la moindre!), la question se pose: Si une société accepte une Justice modulaire, ce qui veut dire qui peut être remplacée ou tout au moins compensée par des systèmes parallèles légaux, on fragilise encore d'avantage les plus faibles, puisqu'on les écoute encore moins face à leur(s) abuseur(s)! Car d'une foi à l'autre la loi change, alors qu'en fait, tous les être humains devraient demeurer égaux devant une seule et même règle sociale. L'Ontario s'en lavera-t-il les mains comme Pilate en son temps? Liens en relation avec le sujet :
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