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"Ce qui est merveilleux chez les musulmans, c'est que Dieu sourd naturellement [du verbe sourdre = naître, surgir. ndlr]. Le sens de Dieu, pour eux, est inné. Les musulmans n'attaquent pas le repas sans dire « Bismillah » (Au nom de Dieu) et à la fin « El Hamdouhlah » (Merci à Dieu). Nous on arrive à table et on bouffe comme des sauvages. Avant, on disait le Benedicite. Je le refais maintenant. Quand j'arrive dans un restaurant, je dis à mes invités : « Si vous êtes d'accord, on fait une prière. » Les gens regardent et je bénis le repas discrètement. Nous avons en France une espèce de pudeur parce qu'on est un État laïc. Mais pourquoi ne pas rendre hommage à Dieu quand on est dans un endroit public avec ses amis, si ceux qui sont autour de la table sont d'accord? En quoi ça va gêner les autres? Le musulman n'a pas de pudeur pour ça. Dieu jaillit. Et ce qui est le plus déprimant justement c'est qu'ils rentrent dans un État laïc ou l'athéisme affleure partout. Puissent-ils ne pas perdre leur sens de Dieu chez nous! Respecter l'autre, c'est ne pas faire n'importe quoi. J'ai vu des curés qui passaient une salle attenante à l'église pour en faire une mosquée provisoire, avec possibilité de restituer ce local, bien sûr. Mais deux ans après, les musulmans ont dit : « Non, c'est sacré. Personne d'autre ne peut plus prier ici maintenant. » Ils n'ont pas pu récupérer leur salle. Alors que nous, chrétiens, nous pensons que ce n'est pas parce que des musulmans ont prié dans une église que ce lieu est définitivement musulman. Il y a l'exemple parfait du Prophète Mohammed : un soir de Noël, des chrétiens passaient dans une vile religieuse et ne pouvaient pas célébrer leur Fête. Il leur a ouvert une mosquée pour qu'ils puissent célébrer leur culte. C'est dans le Coran. Je le rappelle souvent aux gens du livre coranique. A plusieurs reprises, on m'a demandé si on pouvait « prêter » des églises désaffectées aux musulmans. Je pense que c'est une connerie. Qu'une communauté chrétienne aide des musulmans en finançant un lieu de culte qu'ils bâtiront eux-mêmes, c'est bon. Ils n'oublieront pas que l'argent des chrétiens les a aidés. Mais quant à leur passer nos endroits de culte, non. On fait ça sentimentalement. Or nous n'avons pas à regarder l'Islam d'une façon sentimentale. En pénétrant à l'intérieur même de l'Islam, on comprend bien leur cheminement de pensée. Respectons-les. En les connaissant de l'intérieur. Ne faisons pas n'importe quoi. Le fondamentalisme qui monte actuellement replie sur soi. Il cache cette tolérance qui est une vraie tradition musulmane. Il faut que les musulmans retrouvent cette tradition profonde. Un pays laïc est essentiel pour acquérir cette tolérance-là." (extrait du livre "Cris de jeunes" du prêtre des rues GUY GILBERT, p. 223-225, aux Éditions Salvator / Novalis, disponible ici en ligne - Pour une commande en librairie, notez l'ISBN 2-7067-0192-7 / ISBN au Canada 2-89507-009-1). [ Fermer ]
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