je n'ai
rien, Tu sais
Fin du parcours. Mon
âme est appelée vers Dieu
devant Son trône. Une Voix retentit -Mon enfant, de quoi
peux-tu Me
parler pour vanter ta vie sur terre? -Seigneur, Tu le sais, je n'ai pas
grand chose à Te présenter.
Je
pourrais essayer? Au moins
faire une tentative convaincante devant Dieu. Plusieurs avant moi s'y
sont
bien risqués. Peut-être aurais-je plus de chance?
Eux n'avaient rien à
perdre. "Seigneur, j'ai fait ceci et cela", avaient-ils
commencé. Aie pitié,
je Te prie. "Regarde, j'ai souvent été à l'église" affirmait l'un.
"Et moi, je n'ai pas bu d'alcool ni
mangé de porc" d'ajouter le second. "Je faisais shabbat et n'ai
jamais franchi une porte électrique ce saint jour" se défendait le
troisième ... "Je me suis battu contre la présence du père-Noël
à l'église le jour de Noël pour défendre ton honneur!" affirmait
fièrement un dernier.
Plus sérieusement, je crois bien qu'il y a
des milliers d'années un noble, Belchatsar roi des
chaldéens, a essayé
cette méthode juste avant sa mort. Alors un ange s'est
pointé et a gravé
cette phrase sur le mur du palais royal. «
Tu as été pesé dans la balance, et tu
as été trouvé léger
»
(Daniel
5:27)
Bref,
oublions l'idée! Si un roi
plein de succès n'a pas réussi, pourquoi me
fatiguer avec la même
approche? -Seigneur je n'ai rien, Tu sais. Le reste se dit sans
paroles.
Comme pour un vieux couple qui aurait traversé les
tempêtes de la vie.
Sachant les préférences de l'autre, ses
goûts culinaires, son amour du
calme, tout savoir de ses faiblesses et ses forces. Une connaissance
acquise au fil des ans. Sans mille et une explications, pareil
à de vieux
amis qui se connaissent plutôt bien.
J'échange
maintenant un regard
avec Dieu. Peut-être du même genre que celui
recueilli par l'apôtre
Jean auprès de Jésus. Transperçant. Et que ce trône m'impressionne!
Me
vient à l'esprit cette promesse
de l'Évangile de Jésus-Christ sur laquelle je
m'appuie, maintenant
encore d'avantage:
« Comme Moïse
éleva le
serpent dans le désert, il faut de même que le
Fils de l'homme soit élevé
»
(Jean
3:18). Les juifs ont regardé le
serpent d'airain dans le désert
et ils furent guéris des morsures de serpent. De la même
manière Jésus a été
élevé
sur la croix. Les juifs furent guéris, bien que les morsures
avaient été
la conséquence de leur faute! L'image est forte, le serpent
d'airain est
même devenu l'emblème de nos pharmacies. Donc et
puisque j'ai regardé
à Jésus durant ma vie je sais que je vivrai,
malgré la morsure de la mort et malgré
mes fautes!
En
cet instant mes pensées
pourraient se bousculer dans ma tête. Mais au contraire, je
ressens un immense
apaisement dans mon coeur. Mes yeux fixent maintenant le sol. J'ai un
genou à terre. Comme pour saluer un Roi. Pourtant Dieu que
je t'ai manqué
de respect! Sur terre, même si Tu occupais souvent mes
pensées et mes
sujets de conversation, j'avais de nombreux autres centres
d'intérêt. Ce
que je voudrais en cet instant, mon désir le plus cher,
c'est d'entendre
Ta voix me dire que Tu es content de me voir enfin. J'aimerais que Tu
me
prennes dans Tes bras, que Tu me dises « C'est bien
» ou «
Allez, c'est fini ».
Sur
terre, la maladie m'avait
amené - un peu trop vite à mon goût, on
est jamais pressé - vers mon
Créateur. Tiens, ça me rappelle ce moine qui
était venu une année à
l'église à Noël. Edouard lui avait
demandé d'assurer un temps de
questions/réponses et c'est Madame Faysse qui posa la
première question.
-Je trouve étrange, Révérend, que lors
de votre précédente visite
vous ayez à peine mentionné le jugement de Dieu
sur le péché commis
dans la chair. Peut-être ne vous sentez-vous pas
pécheur? Le père Jean
cligna des yeux. -Oh moi, vous savez, je suis un vieux tas d'ordures,
déclara-t-il
avec enthousiasme, mais je me sens tellement pardonné.
Voyez-vous, Dieu
est fou de moi, comme il l'est de vous, chère Madame. Vous
savez, le
salut était son idée, non la nôtre.
Au
moment où je partageai au père
Jean ma peur de la mort, il m'avait répondu que pour moi,
Dieu
s'assurerait que le ciel soit au moins aussi passionnant et stimulant
et
satisfaisant que de marquer le but gagnant de mon équipe de
foot au
mondial. Malgré tout, on est pas pressé, n'est-ce
pas?! Rien ne presse, la vie vaut la peine !
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