De la splendeur citadine de l'Égypte
au désert aride de Madian
Moïse. Son appel par Dieu n'était-il donc
qu'une chimère de l'imagination? A cela s'ajoutait la perte du statut.
Nous sommes à l'époque où Moïse devait fuir l'Égypte suite au meurtre
d'un égyptien. Moïse était intervenu à sa façon plutôt qu'à celle
de Dieu.
Pas étonnant que Moïse ait bégayé. L'estime qu'il
avait de lui-même avait volé en éclats. La culpabilité le tenaillait
et lui paralysait la langue. Ses regrets le rendaient muet. Pendant
quarante ans, il vécut oublié, en proie à l'échec. Puis, Dieu lui
parla dans un buisson ardent.
L'Éternel vit qu'il se détournait pour voir ; et
Dieu l'appela du milieu du buisson, et dit : Moïse ! Moïse ! Et il répondit
: Me voici ! (La Bible, Exode 3.4)
Je suis ton Seigneur. Enlève tes sandales : car tu
es dans la vallée sacrée Tuwa. Moi, Je t'ai choisi. Écoute donc ce qui
va être révélé (20ème Sourate, Ta-Ha 12 et 13)
Imaginez, si vous le pouvez, un homme de quatre-vingts
ans - un berger tanné par le soleil, buriné par le temps - debout, pieds
nus, devant un buisson ardent au milieu du désert, le visage enfoui dans
les mains, comme une timide jeune fille. C'est Moïse. Il est pieds nus
parce que la voix au milieu du buisson lui a annoncé qu'il foulait un sol
sacré et qu'il devait donc se déchausser. Le visage caché dans les
mains, c'était son idée, et une bonne idée, car lequel d'entre nous
oserait regarder le Tout-Puissant dans les yeux?
Dans de tels moments, où il n'y a plus que Dieu et
vous, personne d'autre, tout acte égocentrique, toute désobéissance,
tout échec revient à l'esprit avec une netteté qui remplit de
confusion. Cependant, Dieu ne châtia pas Moïse; il ne le réprimanda
pas. Bien au contraire, il renouvela son appel: "Maintenant, va, je
t'envoie vers le Pharaon; fais sortir d'Égypte mon peuple, les Israélites"
(Exode
3.10)
Mais, "Moïse dit à Dieu : Qui suis-je, pour
aller..." (v.11). Ce qui était sa façon de dire "Ne te
souviens-tu pas qui je suis? Il y a quarante ans, j'ai essayé et j'ai échoué.
Ils ne m'ont pas cru alors, pourquoi me croiraient-ils maintenant? Je suis
flatté, Éternel, mais tu t'es trompé d'homme. Je n'ai pas les
qualifications requises". Il avait raison dans son argumentation mais
il posait mal le problème. L'appel de Dieu n'est pas tant une
confirmation de nos dons et de nos aptitudes, que la promesse que sa grâce
nous suffit. Son appel reste un acte souverain de sa grâce et de sa fidélité.
Maintenant, voici la bonne nouvelle, en particulier
pour ceux d'entre nous qui se débattent dans les marécages de l'échec:
Moïse surmonta son échec antérieur. Ou peut-être devrais-je dire: Dieu
le rattrapa. Non seulement il lui fut accordé une deuxième chance, mais
elle fut, en outre, accompagnée de réussite. Il défia la puissance
militaire de l'Égypte et triompha; il affronta Pharaon et négocia la libération
de deux millions d'esclaves qu'il conduisit ensuite vers la liberté. Ultérieurement,
il leur donna un système de gouvernement, une théocratie. Il institua
leur religion, conçut et bâtit leur lieu de culte, et leur apporta des
précisions sur la personne de Dieu. Pendant quarante ans, il fut leur père
spirituel, leur sacrificateur, leur prophète, leur général et leur
premier ministre. De surcroît, il écrivit les cinq premiers livres de la
Bible, y compris les dix commandements -que Dieu avait gravé sur la
pierre- des commandements qui, jusqu'à ce jour, servent encore de
fondement à l'ordre moral de notre société.
Si vous avez échoué, ne vous désespérez pas, même
si vous avez fait de votre vie un authentique gâchis. Paul affirme:
"Car Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel" (Romains
11.29). Ce qui signifie qu'il n'y a rien que vous puissiez
faire, aucune désobéissance consciente, aucune erreur stupide, qui
serait susceptible d'entraîner la révocation de l'appel de Dieu pour
vous.
Ou, pour reprendre les termes de James S. Stewart, prédicateur
écossais: "Il n'existe rien, ni au ciel, ni sur la terre, d'aussi
opiniâtre, déterminé, résolu et persévérant que la grâce de Dieu
qui veut sauver! ...Car, voyez-vous, cela suppose que pour quiconque croit
en Dieu, il n'y a pas de dommages irréparables [...] aucune épine qui ne
puisse être tressée dans une couronne, aucune déviation du plan
originel qui ne puisse être redressée par les doigts habiles de Dieu
pour former un nouveau dessein absolument parfait" (James S. Stewart,
The Wind of the Spirit, Nashville: Abingdon Press, 1968 -
p.143-145). Aucun échec que Dieu ne puisse rattraper!
Tiré du livre Le Christianisme en bleu de travail,
Richard Exley, Éd. Vida (ISBN: 0-8297-1557-6). Dieu est le Clément,
le Miséricordieux, plus encore, Il est notre Père tel que Jésus
nous l'a enseigné et si nous acceptons librement d'être adoptés.
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