Les Baha'is, monde pluriel
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Pour aider le chercheur à s'y retrouver, nous avons créé cette page de description de la Foi baha'ie, qui est un monde pluriel comme vous allez très vite vous en apercevoir. Sans doute n'est-il pas nécessaire de s'en effrayer puisque le judaïsme, le christianisme, et l'islam aussi connurent ces soubresauts.

Il ne faut pas que la religion soit un facteur de division mais d'unité. Deux choses sont essentielles : Aimer Dieu, et aimer notre prochain (adorer Dieu et nourrir notre prochain; louer Dieu et secourir celui, celle, qui est en danger).

Les courants principaux :

  • Les baha'is libres (plus aucune communauté recensée à ce jour)

  • La Maison Universelle de Justice (inscrits et non-inscrits, env. 5 millions de baha'is)

  • Les baha'is orthodoxes (un millier d'adhérents)

  • Les baha'is réformés (recensement impossible)

Les baha'is libres ne reconnaissent pas d'autorité infaillible d'interprétation des textes après Abdu'l-Baha, qui est appelé le Centre du Covenant. Il est ce que Paul a été pour les premières Églises chrétiennes en exposant les principes fondamentaux. Abdu'l-Baha fut également un voyageur infatigable qui visita Paris, fut reçu dans des Églises à Londres, aux États-Unis, etc. La Maison Universelle de Justice devrait donc se limiter à un rôle législatif et non spirituel, au service de l'humanité puisque c'est ce qui avait toujours été prévu - et non des seuls membres enregistrés.

Les baha'is libres voient en Shoggi Effendi (le petit-fils de Baha'u'llah) l'homme qui a radicalement modifié la forme de la pensée baha'ie, l'altérant pour amener la Foi à se refermer sur elle-même, à devenir EXclusive (au lieu de INclusive comme au temps de Abdu'l-Baha), la faisant, sans trop le dire, l'opposante des juifs, des chrétiens et des musulmans, et d'autres, alors que Abdu'l-Baha lui-même ne renonça jamais à son islam ni ses pratiques. Une communauté allemande de baha'is libres éditèrent un livre sur le sujet, aujourd'hui épuisé.

Lors de son séjour à San Francisco, 'Abdu'l-Bahá (le fils aîné de Bahá'u'lláh -fondateur de la foi bahá'ie- et interprète de ses Enseignements) reçut une lettre venant de juifs qui se disaient avoir été tellement touchés par ses paroles que leur rabbin était allé voir le prêtre chrétien pour lui dire: "puisque la restauration de votre église endommagée demande beaucoup de temps, venez dans notre synagogue pour faire vos prières. Les dimanches elle sera à vous et les samedis elle restera pour nous" (cf. Le Courage d'aimer)

De même, si des chrétiens veulent construire une église, l'islam doit les aider (Abdu'l-Baha dans Les lecons de St-Jean d'Acre).

Voici ce qui fait le fondement et la beauté de la Foi baha'ie: L'appel à la générosité humaine. Les baha'is de la Maison Universelle de Justice reconnaissent en Shoggi Effendi le premier Gardien de la Foi (après la mort de Abdu'l-Baha). Plus tard, puisque la Foi s'est retrouvée sans Gardien après le décès de Shoggi Effendi, ils concédèrent ces rôle et autorité à la Maison Universelle de Justice située à Haïfa, insistant considérablement sur l'absolue nécessité d'une affiliation forte à celle-ci, devant être infailliblement reconnue comme l'autorité sur les membres. La signature d'une carte de membre et la coupure d'avec les autres communautés religieuses devint un impératif.

Nous avons retrouvé cet extrait d'un énoncé officiel retrouvé dans l'ouvrage La perle inestimable (sur l'oeuvre et la vie de Shoggi Effendi) qui aidera le lecteur à mieux comprendre :

« A l'Ouest, particulièrement en Amérique où l'on trouvait le plus grand groupe des croyants d'Occident, les baha'is quelque attachés qu'ils fussent a cette nouvelle foi qu'ils avaient adoptée, étaient encore empêtrés dans des affiliations a des églises et des sociétés; affiliations qui ne servaient qu'a dissiper leurs ressources extrêmement limitées, a dilapider leurs capacités au lieu d'une activité concentrée pour la cause de Dieu, a affaiblir leurs revendications sur le caractère indépendant de la foi. Ni en Orient, ni en Occident, on ne trouvait des baha'is ayant une vue claire sur la non-affiliation et la non-participation aux partis et activités politiques. Shoghi Effendi s'attaqua de deux façons a cette situation quelque peu nébuleuse du monde baha'i Il créa d'abord une méthode universelle, cohérente et consistante pour diriger la vie du monde baha'i et pour organiser ses affaires, méthode basée sur les enseignements et les exposés du Maître. Il éduqua aussi les croyants, leur faisant comprendre les objectifs, les implications et les vérités de leur religion »

Ce qui est vu ici comme un trait de génie est perçu par les baha'is libres comme une coquille qui se referme sur elle-même, un retour à une forme de clergé à forte hiérarchie, bien que l'on puisse comprendre la nécessité d'éclaircir une question latente à laquelle il aurait bien fallu répondre un jour ou l'autre.

Les baha'is orthodoxes ont un Gardien (réputé infaillible), successeur selon eux de Shoggi Effendi, après qu'un premier successeur non-reconnu se soit déclaré Gardien. Nous n'entrerons pas ici dans les détails puisque nous ne sommes pas au courant des circonstances qui ont entouré ces déclarations. Les baha'is libres, de même que ceux enregistrés à la Maison Universelle de Justice, et les réformés, ne reconnaissent pas ce gardiennat. Les baha'is orthodoxes pensent qu'un jour la Maison Universelle de Justice reconnaîtra enfin leur gardiennat comme la seule et légitime lignée ininterrompue des Gardiens de la Cause.

Les baha'is réformés ne voient pas dans la Maison Universelle de Justice une institution infaillible, encore moins ayant quelque droit d'autorité spirituelle ou en matière d'interprétation des Écritures. Plusieurs baha'is réformés sont des membres enregistrés de la Maison Universelle de Justice, mais dénoncent son fonctionnement qu'ils trouvent sectaire et très arbitraire dans toute sa structure (locale, nationale, internationale à Haïfa).