1er novembre - Voyage déjà payé!
(source: E. Kunz - Christliche Schriftenverbreitung, Allemagne)

La maman africaine passe sa main fatiguée, brûlante de fièvre sur la tête crépue de son petit garçon.

- Écoute bien, mon enfant. Je vais partir pour un grand voyage et je ne pourrai plus revenir vers toi. Mais ne sois pas triste. Si tu apprends à connaître mieux le Seigneur Jésus et que tu le reçoives comme Sauveur et Seigneur dans ta vie, eh bien! un jour tu pourras toi aussi faire ce voyage. Il ne te coûtera rien, parce que, si le Seigneur Jésus est ton Sauveur, tu possèdes une certitude: Jésus a déjà tout payé pour toi lorsqu'il est mort sur la croix à ta place.

Kwami fixe sur sa maman de grands yeux remplis d'angoisse. Est-ce qu'elle va elle aussi le quitter, comme son père l'a fait?

- Je suis si fatiguée... murmure-t-elle. Après avoir posé un regard plein d'amour sur son petit garçon, elle s'endort avec un sourire paisible pour ne plus jamais se réveiller.

Kwami pleure toutes les larmes de ses yeux; le départ de sa mère le laisse inconsolable. Il est maintenant orphelin. Pourtant, malgré sa tristesse, il reste une chose qu'il ne peut pas oublier et à laquelle il se raccroche avec une joie tranquille et une ferme espérance: « Un jour tu pourras aussi faire un voyage, car le Seigneur Jésus a déjà payé pour toi ». Telles avaient été les dernières paroles de sa maman. Cette promesse n'était-elle pas un rayon de lumière au milieu de la douleur de la séparation?

Quelques semaines plus tard, un grand autobus plein de passagers s'arrête dans le village de Kwami; le petit garçon s'y engouffre. Quand bien même il est tout seul, il paraît satisfait et joyeux. Confiant, il s'installe dans l'autobus, avec son petit ballot de vêtements sur les genoux; il regarde attentivement autour de lui et sourit aux autres voyageurs.

Bientôt le contrôleur passe; il réclame au petit garçon son billet. L'enfant le regarde avec stupéfaction.

- Mais le trajet a déjà été payé pour moi! dit-il.
- Ne dis pas de sottises, gamin! gronde le contrôleur. Personne n'a payé pour toi, ici.

Le petit secoue la tête.

- Non, personne ici, mais Jésus a payé pour moi.
- Et qui est ce Jésus - le propriétaire de ce bus, peut-être, eh?
- Non, je n'ai pas du tout dit cela. J'ai seulement dit qu'il a payé pour moi, répond l'enfant sans se laisser décontenancer.

Les vains efforts de l'homme pour obtenir le billet finissent par attirer l'attention des autres passagers; certains secouent la tête, d'autres ont de la peine à ne pas rire.

- Où est ton père, demande encore le contrôleur. Est-il ici?
- Je n'ai pas de père, il est mort.
- Et où est ta mère?
- Ma mère est aussi morte, répond tristement le petit garçon. - Mais avant de mourir, elle m'a dit: un jour tu pourras faire un long voyage sans rien payer, parce que Jésus a payé pour toi lorsqu'il est mort sur la croix. Quand j'ai vu cet autobus, je suis vite monté. Je pensais que comme mon billet avait déjà été payé par le Seigneur Jésus, personne ne me le réclamerait une seconde fois.

A ces paroles, le silence s'établit dans le bus. Plus personne ne sourit, plus personne ne se moque. Les paroles toutes simples du petit garçon provoque un sentiment de honte chez plusieurs voyageurs. Le petit est dans l'erreur quant au paiement de son voyage, mais chacun est saisi par sa confiance enfantine dans le Seigneur Jésus dont il avait entendu parlé par sa mère.

Un Africain âgé, distingué, met la main dans sa poche et paie la modique somme. Puis se tournant vers Kwami, venu s'asseoir à côté de lui, il dit:

- Mon enfant, tu as parfaitement raison, le Seigneur Jésus a payé pour toi. Mais il n'a pas seulement pourvu au tout petit prix d'un trajet en bus. Vois-tu nous devons payer pour nos déplacements ici-bas sur la terre. Mais le Seigneur Jésus a fait pour nous quelque chose de plus grand, de beaucoup plus grand. Quelque chose que tu n'aurais jamais pu faire toi-même: Il a payé ton entrée au Ciel. A cause de nos péchés, nous ne serions jamais arrivés à nous acquitter du prix de ce voyage. Dieu le savait. Mais son amour envers nous était immense! Aussi avait-il prévu que son propre Fils Jésus Christ, par sa mort sur la croix, paie pour nous afin que l'accès à son royaume céleste et à son coeur ne nous reste pas fermé. Voilà le prix qu'il a payé pour toi aussi. Le crois-tu?

- Oh! oui, répond Kwami, les yeux brillants. Je comprends maintenant. Pour ce voyage, je me suis trompé. Mais pour ce qui est du billet, j'avais raison, n'est-ce pas?

Satisfait, l'enfant s'enfonce dans son siège.
- Je suis en route pour le Ciel, s'écrie-t-il joyeusement, et Jésus a payé le voyage pour moi.

Le vieillard l'observe pensivement.
- Aimerais-tu venir vivre chez moi? lui demande-t-il un peu plus tard avec douceur. Je crois que ma femme serait heureuse que je lui amène un petit garçon comme toi.

Le visage de Kwami se met à rayonner.
- Est-ce que je pourrai rester chez vous jusqu'au jour où je partirai pour le grand voyage? demande l'enfant plein d'espoir. Pour toute réponse, une grande main chaleureuse se referme sur la petite main de l'enfant. Dans le coeur de Kwami monte le sentiment d'une profonde intimité telle qu'il n'en a plus connue depuis la mort de sa mère: Il a trouvé un père et un foyer.