La loi de la Grâce

C'est un secret qui crève les yeux puisqu'il est inscrit en toutes lettres dans l'Epître (la lettre) aux Romains. Cette lettre, le réformateur chrétien Martin Luther (il lutta toute sa vie contre l'association et les indulgences) la retournait dans tous les sens et ne cessait de la lire:

« Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en Jésus Christ pour tous ceux qui croient. Il n'y a point de distinction. Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus Christ. C'est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu'il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience, afin, dis-je, de montrer sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus. Où donc est le sujet de se glorifier? Il est exclu. Par quelle loi? Par la loi des oeuvres? Non, mais par la loi de la foi. Car nous pensons que l'homme est justifié par la foi, sans les oeuvres de la loi. Ou bien Dieu est-il seulement le Dieu des Juifs? Ne l'est-il pas aussi des païens? Oui, il l'est aussi des païens, puisqu'il y a un seul Dieu, qui justifiera par la foi les circoncis, et par la foi les incirconcis. Anéantissons-nous donc la loi par la foi? Loin de là! Au contraire, nous confirmons la loi. » (Romains 3:21-31)

Ces dix versets du Nouveau Testament produisent chez Luther une vraie révolution intérieure, mais ils vont aussi entraîner la déchirure avec Rome et partager toute l'Europe en un temps record. Nous sommes au XVIe siècle.

Luther va développer cette réalité biblique longtemps mise sous le boisseau: le salut (donc la vie éternelle) n'est pas une question de mérite de celui qui suit Yasû (une autre traduction en arabe du nom de Jésus), mais un geste gratuit offert par Dieu (la grâce) à quiconque croit simplement en Jésus-Christ. L'homme n'est pas justifié ou pardonné à cause de ses oeuvres méritoires, mais par la foi seule. Les oeuvres suivent la justification et ne la précèdent pas. En d'autres termes, les oeuvres sont nécessaires et utiles, non pour être sauvé, mais pour manifester que l'on est sauvé.

« La loi de la grâce ». Une loi a ceci de particulier : que vous n'y croyiez pas ou que vous y prêtiez foi, elle ne s'efface pas. Imaginons un instant qu'un panneau routier indique « 90Km/h Maximum ». Que j'y croie ou non, que je voie l'écriteau ou non, la loi dit que ma vitesse ne doit pas excéder 90 kilomètres à l'heure. Il en est ainsi avec la loi de la grâce: « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Injil selon Marc 16:16)

Ami, si vous pensez que l'accomplissement de la loi peut suffire à votre salut, comment pourrions-nous vous juger alors que Dieu seul est Juge?! Pourtant voici les paroles qui furent inscrites mystérieusement sur la paroi lors du banquet du roi Belchatsar: « Tu as été pesé dans la balance et tu as été trouvé léger » (Daniel 5:27). Or l'amour de Dieu ne se mérite pas. Voici, c'est la loi de la Grâce.