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Pourquoi les chefs du Hamas et du Djihad islamique n'envoient-ils pas prématurément au «paradis» leurs propres fils et filles? Cette question figure dans la lettre d'un père, reproduite dans le journal «al-Hayat» paraissant à Londres. Son fils avait commis un attentat suicide dans une ville israélienne. Par cette lettre publiée le 1er octobre 2002, Abu Sabr M.G. s'adressait aux responsables des différents groupes palestiniens pour contester la légitimité des déclarations par lesquelles les autorités politiques et religieuses appellent des jeunes à devenir kamikazes: « Pour commencer cette lettre que j'écris le coeur bien douloureux et les yeux plein de larmes, je ne trouve pas de parole plus appropriée que celle-ci qui est de Dieu: 'Donnez pour l'amour de Dieu, et ne vous précipitez pas dans la perdition, par vos propres mains.' Ce verset du Coran - pour l'amour de Dieu et renoncer à des actes qui nous précipitent dans la perdition - devrait plus que jamais nous inspirer. Il y a quatre mois, j'ai perdu mon fils aîné que des amis avaient séduit en enjolivant le chemin de la mort. Ils l'ont convaincu de se faire exploser dans une ville israélienne. Avec l'éclatement du corps pur de mon fils ont disparu à jamais les signes de son existence ainsi que l'espérance et le désir de vivre. Depuis ce jour, je suis comme une ombre qui erre. Après la destruction de la maison où nous habitions, mon épouse et moi, mes autres fils et filles sommes devenus des sans-logis. Le dernier élément qui a achevé de me briser, je l'ai connu quand des amis de mon fils martyr sont venus, tels des serpents, rôder autour de mon autre garçon de 17 ans, dans le but de le mener sur le sentier suivi par son frère - se faire exploser pour venger son aîné, puisqu'en fin de compte, il n'avait plus rien à perdre. C'est le coeur blessé pour avoir perdu ce qu'il avait de plus cher dans la vie que le père que je suis s'adresse ici aux dirigeants des fractions palestiniennes, aux chefs et cheiks du Hamas et du Djihad islamique, qui poussent vers la mort de plus en plus de jeunes Palestiniens par leurs déclarations religieuses. Ils savent pourtant fort bien que l'envoi de ces jeunes avec mission de se faire exploser en Israël ne fera pas reculer l'ennemi et ne libérera pas le pays. Bien au contraire, des opérations telles que celle-ci ne feront que renforcer les représailles, aggraver la perte de vies humaines et provoquer la destruction de maisons et la réoccupation de villes et villages palestiniens. Les dirigeants et leurs porte-parole se produisent de nouveau en public pour promettre à l'ennemi des actes de vengeance pour ses interventions barbares. Ils poussent ainsi toujours plus de jeunes vers la mort. En mon nom et au nom de chaque père et de chaque mère frappés par la nouvelle du suicide en kamikaze de leur fils, je demande: De quel droit ces chefs envoient-ils à la mort des jeunes hommes et des adolescents à la fleur de l'âge? Qui leur a donné le droit religieux ou autre de séduire nos enfants et de pousser notre jeunesse vers la mort? Oui, je parle de mort et non pas de martyre. Appeler cela autrement pour l'embellir, ou verser quelques milliers de dollars à la famille d'un fils qui s'en est allé pour ne jamais revenir, cela ne change absolument rien au choc reçu et n'annulera par l'événement. Cet argent donné en compensation à des familles de martyrs apporte davantage de peine que de consolation: il est perçu comme le prix de la vie du disparu. Mais la vie d'un enfant a-t-elle un prix? La mort est-elle le seul moyen pour faire valoir ses droits et libérer le pays? S'il en était ainsi, pourquoi ces cheiks qui luttent pour la publication des déclarations les plus virulentes n'envoient-ils pas leurs fils? Pourquoi aucun de ces leaders qui manifestent une joie effrénée lors d'émissions diffusées par satellite chaque fois qu'un garçon ou une fille de Palestiniens se lève pour faire sauter en l'air, n'envoient-ils pas leurs enfants? Je dis: Pourquoi n'avons-nous, jusqu'à présent, pas vu un seul de leurs enfants porter une charge explosive autour de la taille et agir, transportant ainsi en acte les paroles prêchées nuit et jour par ces pères? Ce méchant jeu du Djihad qui consiste à 'devenir martyr' et à mourir se limite-t-il à un groupe bien déterminé, celui du commun des mortels? Les fils et filles de l'élite en sont-ils tenus à l'écart? Combien de temps encore ce peuple patient acceptera-t-il de payer du sang de ses fils une politique idiote, dont l'échec catastrophique est prouvé lorsqu'elle veut libérer ne serait-ce qu'une petite partie des droits palestiniens volés? Ce qui blesse le plus l'âme et le coeur et remplit le plus les yeux de larmes, c'est de constater que ces cheiks et ces dirigeants - Mahmud al-Zahar, Ismaïl Abu Shanab, Abd al-Aziz al-Rantisi - ont évité à leurs fils de devoir aller à la bataille. Quand l'Intifada a éclaté, al-Zahar a envoyé son fils Khaled aux USA et Abu Shanab le sien, Hassan, en Grande Bretagne. L'épouse d'al-Rantisi a refusé que son fils Muhammad se fasse exploser; elle l'a envoyé en Irak pour pouvoir terminer ses études »
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